Archives mensuelles : mai 2014

Championne d’athlétisme à 14 ans

athlétisme Ça aura mis des années pour qu’on lui sorte enfin cette petite phrase ! Et pourtant, elle le mérite, elle prend doucement sa place dans notre univers cinématographique. Née donc il y a une (petite) trentaine d’années, elle avoue qu’à dix ans elle avait déjà cette tête, qu’à douze elle était fermement décidée à devenir comédienne et qu’à quatorze elle fut championne d’athlétisme junior. La jeunesse de tout le monde avec, quand même, une pointe de rébellion et un tantinet de caractère. A cet âge on dit du toupet. Allez savoir pourquoi, car c’est bien du caractère qu’il s’agit, de celui qui l’a poussée à commencer par Bunuel sa carrière et à la poursuivre avec des rôles qui vous marquent. « Je suis une rebelle. J’aime braver les interdits, passer sous une échelle pour conjurer le sort. Je me sens pleine de contradictions, moi qui pourtant suis très racine et famille, je me sens souvent le besoin de partir, de disparaître ». Revenons aux premières années. L’école ? Tout le monde y passe. Plus ou moins bien. Elle, c’est chez les dominicaines qu’elle fait ses premiers pas pédagogiques, un truc style couvent des Oiseaux. « On nous apprenait qu’il y avait des choses qu’il ne fallait pas montrer : la souffrance par exemple, faut pas faire chier les autres avec, la dignité, aussi. Par réaction cela mène à des outrances, à force de ne pas dire les choses vous vous retrouvez avec des angoisses et des dépressions. La dignité n’est pas une qualité, j’aime voir les failles des gens ». Carole se dit donc au sortir de l’institution que devenir comédien demande sûrement un apprentissage. « Je voulais faire ça, mais je ne savais pas comment il fallait faire. Il m’a donc semblé plus facile, en attendant, de continuer mes études. Je suis partie faire de la philo en fac, mais ça ne me satisfaisait pas et l’idée d’être comédienne me trottait toujours dans la tête. Un soir, au cours d’un dîner, un copain me dit : « Mais présente-toi donc au Conservatoire ». Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! Et voilà un ange qui rentre dans l’auguste maison.

Puis, fallait bien commencer un jour. Elle choisit le cinéma, non pas comme on rentre en religion, mais par penchant naturel, en souvenir des cours séchés pour aller sur les grands boulevards se payer une toile « Je me souviens qu’il y avait un ciné sur les boulevards qui ouvrait à midi et même un autre aux Champs qui commençait à dix heures ! Je passais mes journées dans les salles obscures, à tel point qu’au bout d’un mois, l’école s’est inquiétée et a envoyé un mot à mes parents. Ma mère pensait que c’était une histoire rocambolesque, une histoire d’amour ».

athlétisme Oui, avec le cinoche. Le premier à lui avoir dit « Moteur », c’est le grand et défunt Bunuel. Elle se retrouve après des péripéties comme bonne espagnole sous le regard pervers de l’homme au désir obscur. Suit une pièce de théâtre plaquée avant les répétitions car une proposition l’appelle de l’autre côté de l’Atlantique. Elle part avec un jean et des baskets. Elle y reste un an. Le public, ici, l’oublie. Mais là-bas, un soir à l’ambassade de France, lors d’un pince-fesse, elle tape dans l’œil d’un réalisateur français fils de… et légèrement chauve. Bertrand Blier. Il prépare une sorte de polar noir, très noir, avec en vedettes son papa, Gérard Depardieu et Jean Carmet. Le titre « Buffet froid ». Froid comme l’image de Bouquet (Carole) à l’époque. Faut dire que, à cette soirée, la belle avait fait forte. « Dressed to kill » disent les Anglo-Saxons. Jugez vous-même : robe noire moulante et voilette.

Epouseriez-vous un clip ?

« …Et vous que pensez-vous pouvoir lui apporter ? – C’est vrai, je n’apporte pas grand-chose au fond. Ah ! Si, depuis peu j’ai un porte-jarretelles, il paraît que ça affole les hommes. -Vous pouvez nous le montrer ? (rires) – Oui, bien-sûr ». Détrompez-vous, il ne s’agit pas d’un extrait du dernier film de Jean-Luc G., mais peut-être du début d’une love story pour Marie, dès lors que d’autres membres du club Happy end auront visionné son clip. Philippe et Norma Pouliopoulos proposent en effet le mariage à l’américaine. Leur méthode, qui connaît déjà un franc succès aux Etats-Unis et en Allemagne, met la vidéo au service de la rencontre. Si, de par ses objectifs, Happy end est bien une agence matrimoniale, son mode de fonctionnement présente quelque originalité. Chaque prétendant au mariage est filmé durant une demi-heure environ au cours de laquelle il parle de lui-même, de sa situation, de ses goûts avant de dresser le portrait de l’être recherché. L’entretien, animé par Norma ou Philippe selon qu’ils ont affaire à un homme ou à une femme, se déroule habituellement dans les locaux mêmes de l’agence. Pour l’occasion leur salon tient lieu de studio à l’ambiance chaleureuse et décontractée.

Tutoiement ou vouvoiement, qu’importe, l’essentiel est de mettre en confiance et de s’adapter à chaque tempérament de manière à favoriser la spontanéité. La complicité peut alors se nouer tout au long de l’interview ; il n’est pas de meilleur exemple que celui de René qui n’hésite pas, face à la caméra, à nous faire partager ses talents de chanteur avec brio. Grâce à. un minimum de manipulations, la technique sait rester discrète. Philippe et Norma disposant d’un moniteur de contrôle et actionnant à distance le zoom de leur caméra, leurs clients oublient rapidement qu’ils sont filmés. Quelle n’est pas la surprise de l’acteur occasionnel, lorsque, à l’issue de sa prestation, il se découvre à l’écran. Il s’aperçoit avec satisfaction que son appréhension s’est atténuée au fil de l’entretien. Il rencontre un autre lui-même dont le naturel le séduit bien souvent. Pour permettre à ses clients de s’exprimer dans un contexte familier, Happy end propose de se déplacer afin d’effectuer les prises de vues à domicile ou en tout autre lieu. Une fois l’interview réalisée, le client choisit à partir de photographies les personnes dont il souhaite visionner le clip. S’il est séduit par l’un d’eux, Happy end présentera alors son propre clip à la personne concernée, s’assurant ainsi d’un intérêt partagé entre deux membres du club avant d’organiser toute rencontre. Entreprise récente, l’agence Happy end ne dispose pas encore de résultats quantifiables. Elle est cependant promise à un développement certain en raison de l’évolution de la mentalité française qui tend actuellement à s’adapter aux nouveaux moyens médiatiques. Les clients, souvent déçus par les agences classiques, semblent apporter toute leur confiance à cette nouvelle méthode qui offre de réelles possibilités d’expression facilitant leur choix. Force est de constater qu’un vidéoclip permet à une personnalité de s’exprimer d’une manière plus vivante qu’à travers un formulaire, aussi approfondi soit-il.
mariage
Lors de leur première rencontre, les candidats au mariage ne sont donc déjà plus des inconnus l’un pour l’autre. Il est d’ores et déjà probable que les agences classiques devront faire face rapidement aux débordements de la vidéo, d’autant que les prix actuellement pratiqués par Happy end sont inférieurs de moitié aux tarifs traditionnels. En effet, si après réalisation gratuite de l’interview, vous décidez de consulter la vidéothèque de Philippe et Norma, il ne vous en coûtera que 2 000 francs et vous acquerrez de ce fait la qualité de membre de leur club. Alors, si la solitude vous pèse, soyez moderne ! Adressez-vous à l’agence Happy end qui se fera un plaisir de vous offrir votre « cassette interview » si toutefois elle vous aide à réaliser votre bonheur.

« Précisez que je mesure 1,72 m, que je suis complètement myope, que je chausse du 40 et que je marche comme un canard ! D’ailleurs la beauté est une affaire intérieure. répondait Carole Bouquet en forme de boutade à un journaliste découvrant enfin qu’elle existait parce que les bons anges d’un James Bond se penchaient sur sa beauté. C’est vrai qu’elle est belle Carole, d’une beauté qu’on a souvent qualifiée d’hautaine, de lointaine, d’inaccessible. Pas le genre copine style Anémone ou Huppert, mais la catégorie haut de gamme, le modèle avec toutes les options style Adjani, Deneuve ou Ardant. Une grande dame. Dans tous les sens du terme. Et puis, la beauté comme passeport c’est chiant. Chiant pour soi-même : « Si je tourne c’est parce que je suis belle ». Chiant pour les autres : « Sois belle et tais-toi, quand elle ouvre la bouche c’est une catastrophe ». Carole, non. Des preuves ? Il y en a des tonneaux, tout plein qu’elle assène lorsque quelqu’un aurait tendance à confondre les deux facettes de cette comédienne étonnante. D’abord, si elle est bien belle, ce n’est pas de sa faute, elle est sûrement née comme ça, il y a une petite trentaine d’années, alors c’est vers ses parents qu’il faut se tourner. Ils ont peut-être une recette.
mariageMais l’autre côté de la statue vaut son pesant de conversation. Un exemple, le Bond qu’elle a tourné avec Roger 007 Moore, elle l’a fait pour les sous. Avec lesquels elle a pu cofinancer le projet d’un copain, un Allemand qui avait un beau script, difficile et tout, qui lui tenait à cœur à elle, la star aux beaux yeux verts. C’est plein d’enthousiasme qu’elle a pu incarner cette belle histoire sur la folie présentée à Cannes en 1982. « Le jour des idiots » ça s’appelait, et Carole d’avouer que son ami réalisateur Werner Schroeter lui a tout appris, à jouer, à se maquiller, à bouger. Tout ça sans bruit, sans fureur ni battage. Voilà qui rend sympathiques les comédiens lorsqu’ils osent mouiller leur chemise pour des coups de cœur.
Pourtant, Dieu sait si elle n’était pas à son avantage dans le rôle, mais elle fait partie des actrices qui sont encore plus belles quand on les enlaidit. Des natures. « Je ne veux plus être traitée comme une dilettante ou une paresseuse », clamait-elle au sortir de ce film. C’est vrai que sans être maudite, la Bouquet tenait jusqu’alors une place à part dans le monde clinquant du show-biz. Presque maléfique, qui lui a taillé une réputation dans le cinéma français et une filmographie en dent de scie. Fait-elle donc peur aux metteurs en scène ?

« C’est vrai qu’il est difficile de m’employer. Ou plutôt les gens pensent cela. En fait, on me reproche aussi de ne pas être une actrice, mais un modèle pour couverture de magazine. On a envie de me regarder et c’est tout. Pourtant depuis» Rive droite, rive gauche » de Labro, la tendance s’inverse, et je me souviens qu’à la sortie d’une projection du film de Labro quelqu’un est venu me voir et m’a dit « C’est formidable, enfin tu es une actrice ! ».