Archives mensuelles : novembre 2014

Vie privée

Vie privéeJill et sa mère vivent au bord du lac de Genève, dans une vaste propriété. Suivant des amis à Paris, elle devient mannequin, puis actrice de cinéma. Star du jour au lendemain, elle voit sa vie bouleversée. Traquée par les journalistes et les «paparazzi», elle n’a plus de vie privée. A l’issue d’une première, elle est assaillie par une foule en délire. Jill fait une dépression nerveuse. Après un séjour en clinique elle rejoint la Suisse et devient la maîtresse de Fabio (Mastroianni), qui vivait auparavant avec sa meilleure amie. Mais les journalistes, alertés par une indiscrétion, découvrent leur idylle et s’acharnent une nouvelle fois sur elle… Jill, c’est BB. La plupart des épisodes du film rappellent des événements de sa propre vie, et le tournage sous la direction de Louis Malle fut un véritable psychodrame. Aujourd’hui si «Vie privée» est toujours digne d’intérêt, c’est bien comme exercice de «cinéma-vérité» par la force des choses, par ce qu’il nous dit et nous montre du mythe de Brigitte Bardot.

La tortue sur le dos

La tortue sur le dosPaul Neveux (J-F. Stévenin) fait partie du club des écrivains non publiés. Six ans plus tôt, il a fait paraître un roman qui a connu un succès d’estime. Velléitaire, il ne parvient pas à écrire le second. L’angoisse de la page blanche, pour lui, tourne à l’obsession ce qui ne l’empêche pas d’être aussi un obsédé sexuel convaincu, au grand dam de sa compagne. Luc Béraud, avec la collaboration de Claude Miller pour le scénario, a réussi une peinture souvent irrésistible, riche de détails quotidiens, d’un certain milieu artistique, en même temps qu’une réflexion très actuelle sur la vie de couple Le récit est alerte, les comédiens intelligemment dirigés : Stévenin et Lafont sont super-drôles, Virginie Thévenet très mignonne. Le meilleur, c’est l’équipe nocturne et délirante de Paul et ses bizarres rencontres des deux Jean-Louis».

Ma chérie

Encore un film sur l’éternel problème du conflit des générations. Forces en présence : Jeanne Rivière, 35 ans, divorcée et sa fille Sarah, 16 ans. Jeanne est une mère moderne, elle cherche et parvient le plus souvent à comprendre sa fille qui fait preuve d’une joyeuse insouciance quant à son avenir, et d’un total manque d’intérêt pour ses études. Un seul problème l’inquiète : pouvoir prendre la pilule ! Chez elle, Jeanne est affairée : la vaisselle, le ménage, la couture… De son côté, Sarah n’est pas très coopérative. Cependant elles sont inséparables, se font draguer, discutent, se disputent, s’opposent, se rapprochent, se découvrent, dans la plus grande complicité. Vient la période des vacances. Jeanne part avec son amant, en Bretagne. Sarah est monitrice dans une colonie de vacances. A leur retour, elles se retrouvent avec joie, mais Sarah a mûri. Elle veut choisir sa vie… L’apprentissage de leurs deux solitudes sera plutôt difficile…Ma chérie Film banal, «Ma chérie» n’en est pas moins une œuvre attachante, remplie d’émotion. Les gestes de ces deux femmes, vivant en couple, sont parfaitement étudiés : gestes ménagers, gestes de tendresse, gestes d’agressivité. Bien sûr les conventions ne sont pas absentes et l’on frôle parfois la sentimentalité à quatre sous dans les moments d’effusion ou de retrouvailles. Peu importe, l’ensemble est admirable de pudeur et de justesse de ton. Un film qui réconcilie avec la maternité (ou la paternité, tout dépend que l’on soit spectateur ou spectatrice). Vaut tout les documentaires indigents réalisés dans le cadre du planning familial !