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Rêve de singe

Ferreri a la réputation d’être un cinéaste à scandale. Parfois il irrite les spectateurs (comme avec « La grande bouffe ») parfois il déroute. C’est le cas de «Rêve de singe». D’un esthétisme raffiné, faisant appel à de nombreux symboles, ce film entièrement tourné à New York est avant tout un conte philosophique. Avec l’humour qu’on lui connaît, Ferreri a donné à son principal personnage le nom de Lafayette (Depardieu). Il est maquettiste dans une sorte de musée Grévin où tous les personnages de cire évoquent la décadence de la Rome Antique. Un matin, après avoir échappé à une bande d’individus masqués répandant une sorte de gaz sur toute la ville, il se réfugie dans un théâtre où il se fait violer par une actrice, Angelica.Rêve de singe Et ce n’est pas tout ! Au cours d’une promenade sur la rive du fleuve Hudson, près des tours du World Trade Conter, Luigi (Mastroianni), un clochard radoteur qui passe ses journées à suivre Lafayette, découvre le cadavre d’un singe géant… comme si King Kong était réellement tombé d’un gratte-ciel. Dans les bras de l’imposante carcasse est blotti un minuscule chimpanzé. Luigi le recueille et le confie à Lafayette qui l’élève et se prend d’amour pour la bestiole baptisée Cornélius. Et ce n’est pas fini ! Luigi se pend, Cornélius est tué et dévoré par des rats, Angelica est enceinte et Flaxman, le directeur du musée de cire, déclenche l’Apocalypse en mettant le feu à ses personnages… A moins de posséder un mode d’emploi, ce film risque bien d’ennuyer bon nombre d’entre vous. Toutefois, le climat onirique créé par Ferreri né devrait pas laisser insensible les amateurs de belles images et de mise en scène léchée. (La vision du grand singe gisant sur une plage déserte avec en toile de fond les buildings de Manhattan est une pure splendeur !). Quant à la signification de cette fable, chacun peut y aller de son interprétation. Pour sa part, Ferreri avoue avoir disserté sur la décomposition de la société contemporaine. Détail intéressant : Depardieu ne s’exprime qu’a l’aide d’un sifflet. Rien ne vous empêche donc de visionner « Rêve de singe » tout en écoutant la retransmission d’un match de foot. Vous atteindrez alors les sommets du surréalisme !

La fille de Trieste

La fille de TriesteOrnella Mufti est incontestablement la plus sensuelle des nouvelles stars du cinéma italien. Elle est belle. Par son regard et sa manière de sourire, elle exprime à l’écran un détonnant mélange de perversité et d’innocence. Dans «La fille de Trieste», elle est fidèle à son personnage. Retrouvant son partenaire de « Conte de la folie ordinaire » réalisé par Marco Ferreri en 1982, « la » Muti joue à nouveau un rôle de jeune femme fragile guettée par une folie qui sommeille en elle. Mais le film de Festa Campanile n’a rien à voir avec celui de Ferreri. Dino, le personnage interprété par Ben Gazzara, n’a pas de la violence dérangeante du Bukowsky de «Conte de la folie ordinaire». C’est un simple créateur de bandes dessinées succombant aux charmes d’une jeune fille sauvée sous ses yeux de la noyade. Peu à peu, Dino découvre que celle qu’il aime est dévorée par une sourde folie. Elle est soignée dans un institut psychiatrique de type ouvert. Elle bénéficie d’une relative liberté et vit, pendant les moments de répit que lui laisse son mal, un grand amour avec Dino. Mais l’équilibre est fragile et la folie surgit, d’abord sous la forme de brusque sautes d’humeur… «La fille de Trieste» est un scénario original de Pasquale Festa Campanile, d’après son propre roman. Cinéaste italien très prolifique, Festa Campanile est aussi romancier, auteur de théâtre et scénariste. Homme érudit et cultivé, presque tous ses films ont été, paradoxalement, des comédies légères. « La fille de Trieste » est une de ses œuvres les plus ambitieuses. Ornella Muti en avait parfaitement conscience puisque pour l’apothéose de folie finale, elle a accepté d’apparaître complètement tondue. La cassette sort en même temps que le film en salles.

La tragédie d’un homme ridicule

La tragédie d'un homme ridiculeC’est peut-être à travers le cinéma italien de ces dernières années que nous comprenons le mieux la dégradation de notre propre société. Bien qu’il ne soit pas l’un des films essentiels d’œuvre de Bertolucci, ce dernier est un constat du désordre politique et moral qui règne actuellement en Europe. Primo Spaggiari , (Tognazzi) dirige une grande exploitation agricole ainsi qu’une usine de charcuterie et une fromagerie. Dans la région de Parme est considéré comme un important personnage. Il règne en maître sur toute la ville comme les Ewing le font à Dallas… Un beau matin, Primo prenant l’air du haut de la terrasse de sa propriété, assiste à l’enlèvement de son fils Giovanni. Ses ravisseurs demandent une rançon très élevée. La fiancée de Giovanni, Laura, sert d’agent de liaison entre les kidnappeurs et la famille. Connue pour son appartenance à un groupe terroriste, on se demande si Laura n’a pas elle même suggéré à Giovanni son enlèvement pour escroquer de l’argent à son père. Cette interrogation est la base même du film de Bertolucci. Petit à petit, les rapports humains cèdent la place aux rapports d’argent. Entretenant merveilleusement le mystère de la mort du jeune homme, Bertolucci nous invite à une réflexion sur la famille, les sentiments paternels, les intérêts économiques, l’incompréhension entre les générations. Sur toiles de fond de terrorisme et d’inquiétude politique, il dresse un portrait implacable de la jeunesse actuelle vue à travers le regard d’un riche bourgeois ridicule, un homme dépassé par les événements de son époque. «Les jeunes d’aujourd’hui, dit Bertolucci, son nés en eau trouble ; c’est leur milieu naturel. Nous, nous n’avons pas encore appris à nager !». A regarder en famille pour essayer de se comprendre mutuellement !

Catherine et cie

Catherine et cieJolie Anglaise grugée par un séducteur français, Catherine (Jane Birkin) se retrouve seule Paris, sans moyen de subsistance. S’inspirant des conseils d’un agent de change (Jean-Claude Brialy), elle décide de fonder une société anonyme an monnayant ses charmes : elle loue un splendide appartement et recrute autant d’« actionnaires » qu’il y a des journées dans la semaine (Patrick Dewaere, Jean-Pierre Aumont, Vittorio Caprioli, Mehdi, Brialy et Henri Garcin se succèdent ainsi dans son lit). Catherine se lance alors dans des opérations boursières. Ella fait fortune et peut rembourser ses partenaires… mais l’un d’entre eux, François (P. Dewaere) veut la garder pour lui tout seul… Cette gentille comédie, mise en scène par Michel Boisrond (qui avait filmé Brigitte Bardot au temps de sa splendeur), est cependant assez leste pour avoir scandalise les téléspectateurs Ions d’une diffusion à Antenne 2, car il faut dire que Jane Birkin n’y est pas avare de polissonneries – mais une fois de plus son innocence malicieuse fait merveille, et il faut être bien grincheux pour s’en plaindre.

La partie

Le roi de la maladresse, le prince de la distraction, l’empereur de la gaffe, tels pourraient être les titres de Hrundi Bakshi, obscur acteur indien qui, à peine débarqué a Hollywood, se fait chasser dans les tournages parce qu’il y sème les catastrophes… Or, par une fatalité extraordinaire, il se fait que le brave Hrundi est invité par erreur à une « party » que donne, ce soir-là, un magnat des studios. Il revêt son plus beau costume et, présentant fièrement son carton d’invitation, fait son entrée dans la magnifique villa du producteur qui, on le devine, ne tardera pas à être transformée en champ de bataille, par la faute de l’innocent Hrundi. Avec cette « Partie », Blake Edwards a signe assurément son meilleur film, une comédie débridée qui assume l’héritage du burlesque (pendant toute la première partie, il n’y a pratiquement pas un mot de dialogue) en multipliant les gags tous aussi désopilants les uns que les autres. C’est aussi, dans le rôle du souriant Hrundi Bakshi, un des rôles les plus percutants du grand Peter Sellers, qui met son génie comique au service d’une mécanique à toute épreuve, atteignant ici les sommets de l’hilarité cinématographique.

Comédie

En 1759, dans un petit village français, deux fois deux jumeaux naissent en même temps : fils d’aristocrate et fils de paysan. Ils sont mis au monde par le même médecin. Devinez ce qui va arriver ? Deus des bébés sont accidentellement échangés, bien sûr. Et dans chaque famille, il y a un jumeau de paysan et un jumeau d’aristocrate ! Trente ans plus tard, c’est la fameuse Révolution. Alors que les fils de paysans sont envoyés en mission commando, les deux rejetons d’aristocrates se déguisent en paysans pour, eux aussi, comploté… La France est en grand tohu-bohu, des salons de palais royaux aux rues de Paris. Et la présence de ces deux paires de jumeaux dissemblables multiplie les quiproquos. Si bien que, au bout d’un moment, on se laisse emporter par ce ras de marée comico-historique, burlesque et iconoclaste. Devenu adulte, dans chaque famine, un des jumeaux ressemble à Gene Wilder et l’autre à Donald Sutherland, ce qui permet à chacun d’eux une savoureuse double composition… Si vous aimez le comique « non sensique » et l’outrance, cette cassette est faite pour vous !

Certains l’aiment chaud

Certains l’aiment chaudSituer une comédie trépidante dans le Chicago des années 20, tel tut le coup de génie de Billy Wilder et de son complice I.A.L. Diamond quand ils se lancèrent dans l’aventure de « Certains l’aiment chaud ». Film miraculeux, puisque aujourd’hui encore il déchaîne des tempêtes de rire et semble n’avoir pris aucune ride !
Il faut dire que sont réunis ici les ingrédients d’un cocktail détonant : le rire et… le sexe. Auprès de Jack Lemmon et Tony Curtis, ces irrésistibles fantaisistes, c’est en effet la bombe sexuelle des années 50 qui tient la vedette: Marilyn révèle ainsi qu’outre ses charmes généreux, elle possède un solide tempérament de comédie. Et le scenario ne se prive pas de jouer sur les ambiguïtés érotiques de son postulat : deux musiciens ringards, témoins involontaires d’un massacre de gangsters, s’enfuient déguisés en… musiciennes, dans un orchestra féminin. Un scénario génial ménage de continuels rebondissements de l’action, menée par Billy Wilder a un train d’enfer, multipliant sans cesse les quiproquos jusqu’au bouquet final de cet inoubliable feu d’artifices !

Amazoni, la jungle blanche

Amazoni, la jungle blancheRuggero Deodato s’est fait une réputation assez douteuse avec quelques films de cannibales dont le plus célèbre et le plus scandaleux fut « Cannibal holocaust » sur lequel la censure française s’acharna violemment. Ce « Amazonia » reprend la recette des précédents: un groupe de Blancs s’enfonce dans la forêt amazonienne, lieu des atrocités et des sadiques les plus sauvages et les plus primitifs. On décapite, on empale, on découpe, on tue… beaucoup, dans ce coin retire du monde ! Alors que, dans ses précédents films, Deodato cultivait l’ambiguïté avec un tel art qu’on finissait par se demander si le réalisateur n’avait pas provoqué lui-même quelques atrocités bien tribales pour filmer du spectaculaire, ici il choisit la fiction. Il distribue ses rôles à des comédiens très marques « série B » et déjà vus par ailleurs : Leonard Mann (« Les yeux de la terreur »), William Aames (« Paradis »), Richard Lynch (« Invasion USA ») ou encore Karen Black en directrice de chaise TV qui n’en peut plus de hurler « C’est horrible » devant l’écran de contrôle où elle reçoit les images que lui envoie son équipe sur le terrain.

Le monde des maudits

Le monde des mauditsDans us monde post-apocalyptique infernal, quelques survivants. Viols, meurtres, massacres à la chaîne. Nous sommes tombés chez les méchants ! Mauvaises manières, hurlements d’agonie, la mort qui rôde, rendez-moi mon Bambi préféré ! Attaquée par des bandits dévastateurs qui n’ont pas l’air d’avoir inventé la poudre, mais qui règnent en maîtres sur le pays, Harmonie ne fait pas dans la dentelle. Harmonie, c’est l’héroïne blonde, l’ange tombé du ciel, la gentille et sûrement un peu magique – quel est sort secret pour conserver son brushing impeccable en pleine lutte armée ? Bref, Harmonie réussit à survivre et à fuir ce monde de fous en se réfugiant dans une grange. On a beau être en plein 21e siècle, les granges à foin existent toujours ! Dans ladite grange, véritable clé de voûte du scénario, elle va rencontrer Anderson, on brave pékin pourchassé par Slater, le chef des pirates.
Ils vont prendre les armes pour échapper au massacre et rejoindre la terre promise – sans terre promise, pas d’enfer – le seul endroit où les hommes vivent encore en paix. De l’aventure, du suspense, de la violence et des effets spéciaux, « Le monde des maudits » est un film d’aventures…

Le jeu de Faucon

Le jeu de FauconPour une fois, les espions ne viennent pas du froid, mais de l’Amérique profonde. Ambiance post-Watergate : Chris Boyce et Daulton Lee ont 23 ans. Ce sont des amis d’enfance qui ont tous deux rompu avec leur famille et leurs idéaux bourgeois. Chris se refugie dans sa passion pour les faucons. Daulton, lui, se passionne pour les paradis artificiels aux couleurs de la cocaïne et de l’héroïne. Apres avoir quitté le séminaire et perdu la foi, Chris entre au RTX, une importante compagnie électronique. Il accède rapidement au service « secret » et à ses nombreuses informations politiques, militaires et économiques exercées à tous les échelons par la CIA. De l’accès aux informations « classified » à l’espionnage, il n’y a qu’une frontière US/Mexique plutôt facile à passer…

Chris va détourner les informations et charger Daulton Lee de les transmettre au KGB par l’intermédiaire d’une ambassade soviétique à Mexico qui n’en demandait Pas tant ! Piètre espion, ce Daulton Lee, qui frappe à l’ambassade comme s’il s’agissait d’un magasin de jouets. Il ira même jusqu’à proposer un « super deal sur l’héroïne » aux agents du KGB parfaitement médusés. Il ne fait pas bon être espion au pays de l’oncle Sam. Chris Boyce et Daulton Lee n’auront pas une chance de s’en tirer. Aussi vrai qu’ils purgent actuellement tous les deux des peines de prison à perpétuité aux Etats-Unis. Car John Schlesinger a porté à l’écran l’histoire réelle de ces espions « made in America ». Tout comme Timothy Hutton, qui interprète parfaitement le rôle de Chris Boyce, est entre en contact avec lui avant le tournage du film. A noter l’interprétation remarquable de Sean Penn dans le rôle d’un Daulton Lee, caractériel et touchant.

Donnez du peps à votre intérieur !

Puisqu’il n’y a rien de plus beau qu’un intérieur au décor soigné, je vous propose aujourd’hui de découvrir (ou de redécouvrir ?) un site qui propose des stickers muraux. Kézako ? Et bien ce sont de grands autocollants que l’on peut apposer sur les murs pour personnaliser le décor.

stickers de fleurs

Un nouveau décor printanier

Depuis maintenant quelques mois, je me penche sur la décoration de mon living. Avec l’arrivée du beau temps, je souhaitais créer une ambiance plus printanière, mêlant des couleurs douces à des motifs singuliers. Je suis tombée par hasard sur ce site : http://www.popstickers.fr/9-stickers-fleurs et que fut ma surprise en découvrant les nombreux stickers aux thèmes aussi surprenants les uns et les autres. Ni une ni deux, j’en commande trois dont une pour la chambre et deux pour le living. Mon choix s’est notamment porté sur les motifs de branche courbée avec de petits oiseaux pour le salon et un motif cœur de pétales pour la chambre à coucher.

Comme je voulais également changer la couleur des murs, j’ai opté pour une teinte ivoire qui se marie à la perfection avec les stickers fleurs qui sont proposés dans un gris cendré. Mon salon s’établit sur une surface de taille moyenne, ce qui fait que j’ai dû jouer avec les emplacements des meubles pour créer une zone de confort. Les stickers ont pris place derrière le canapé et donnent un décor élaboré. Pour ce qui est de la pose des meubles, même si cela n’a rien à voir avec le feng-shui, il reste que cela répond parfaitement au thème que je voulais recréer. Pour la chambre, j’ai retenu un rouge marbré pour la couleur principale, mais les murs latéraux ont été peints en blancs pour donner plus d’espace. J’ai choisi de poser les autocollants adhésifs sur le haut de lit et les cœurs de pétales noirs virevoltent dans un somptueux fond rouge. J’ai un peu hésité, car mon choix s’est porté en premier lieu sur un rose tendre, mais je me suis finalement ravisé, car le rose faisait très girly alors que mes meubles et le décor voulu s’en éloignaient.
Je prévois également de revoir le style de la cuisine et égayer l’ensemble avec des couleurs pastel, mais le temps me manque alors que les inspirations abondent. Dans tous les cas, ce qui est sûr, c’est que je vais également y disposer quelques stickers, histoire d’harmoniser toutes les pièces de la maison !

Elle fait un malheur en Italie !

Adriano CelentanoQui peut résister ? Après donc deux ans d’absence, revoilà l’énigmatique Carole dans un film français avec un rôle qui de nouveau va à l’encontre des demandes. Pensez, une énigmatique jeune fille glissant dans des eaux glacées en compagnie d’un Depardieu plus allumé que jamais, ne facilite pas la réinsertion. « L’image a carrément fait peur aux metteurs en scène. Pour eux c’était difficile de réemployer le même personnage, donc ils ne m’ont rien demandé ». Au lieu de se morfondre à côté d’un téléphone qui restait désespérément muet, elle fait ses bagages et part en Italie. Sa tête de madone fait fureur, les transalpins aiment beaucoup les belles et de plus aiment se reconnaître. Elle fait un malheur auprès d’Adriano Celentano, le roi du rock-mozzarelle et se retrouve auprès de Coluche en reine byzantine, vierge et rouée dans le très raté « Dagobert » de Dino Risi. A la même époque, « Cubby » le grand Broc-coli, se souvient de cette grande Française qui avait refusé d’être second couteau dans « Moonraker » et lui propose d’être la girl de sa prochaine bonderie. « Rien que pour vos yeux ». Ça tombe bien, les siens sont beaux et se marient fort bien avec la mer Egée. La voilà repartie pour un rôle de vitrine, un truc un peu décevant quand on sait que seul votre plastique sert d’alibi. Mais, on ne crache pas sur une telle entreprise. Quitte à être belle, autant l’être intelligemment… Sinon, on souffre. « Ma beauté, puisque les autres m’en prêtent, je l’ai toujours vécue très mal ». En entendant ça vos copines (et les miennes) souffrent. « A une époque, je n’ai pas voulu l’utiliser, je voulais la détruire. Au lieu d’être positive, elle m’a empêchée de vivre. C’est une chose exceptionnelle qui fait peur. Les gens vous mettent à un niveau d’extra-terrestre (E.T. Carole Bouquet même combat ?). La beauté on me l’a fait payer cher, comme on fait payer à certaines personnes leur intelligence ». Fermé le Bond. C’est Labro, puis enfin Michel Vianey avec « Spécial police » qui lui donnent ses vrais premiers rôles d’actrice.

C’est-à-dire de femme intelligente, dans une histoire construite, avec des dialogues, des faiblesses et des tas de choses qu’on voit dans la vie. Dire qu’enfin elle est contente, pas de doute. Elle aura mis près de dix ans à prouver que la beauté cache souvent des tas de trucs épatants. « Spécial police », c’est un polar, un vrai, dans lequel — signe des temps — le flic Richard Berry a remplacé le 357 Magnum par l’ordinateur. Bouquet y trouve une place, une vraie, en femme mêlée par hasard à un règlement de comptes. Papa Hitchcock n’est pas loin dans cette histoire où se retrouvent en vrac les affaires style tuerie d’Auriol, Boulin et Fontanet plus un soupçon de caisses noires de parti politique. Un melting-pot de « une » de France Soir. Bref, un scénario bien ancré dans notre France d’aujourd’hui. Au sortir de » Rive droite, rive gauche », avec même une nomination aux Césars, le métier a reconnu qu’elle existait ! Heureusement qu’elle est farouche et déterminée. C’est vrai, elle aurait pu laisser tomber devant les obstacles et, nous, on aurait été privés de Bouquet ! Voilà, alors que tout le monde la veut, qu’elle va s’envoler pour représenter la France avec le N° 5 de Chanel dans un spot tourné par le grand Ridley Scott, le papa d’Allen. « Je deviens un produit exportable comme le saucisson lyonnais ! » Oui…
Mais en plus beau !

Championne d’athlétisme à 14 ans

athlétisme Ça aura mis des années pour qu’on lui sorte enfin cette petite phrase ! Et pourtant, elle le mérite, elle prend doucement sa place dans notre univers cinématographique. Née donc il y a une (petite) trentaine d’années, elle avoue qu’à dix ans elle avait déjà cette tête, qu’à douze elle était fermement décidée à devenir comédienne et qu’à quatorze elle fut championne d’athlétisme junior. La jeunesse de tout le monde avec, quand même, une pointe de rébellion et un tantinet de caractère. A cet âge on dit du toupet. Allez savoir pourquoi, car c’est bien du caractère qu’il s’agit, de celui qui l’a poussée à commencer par Bunuel sa carrière et à la poursuivre avec des rôles qui vous marquent. « Je suis une rebelle. J’aime braver les interdits, passer sous une échelle pour conjurer le sort. Je me sens pleine de contradictions, moi qui pourtant suis très racine et famille, je me sens souvent le besoin de partir, de disparaître ». Revenons aux premières années. L’école ? Tout le monde y passe. Plus ou moins bien. Elle, c’est chez les dominicaines qu’elle fait ses premiers pas pédagogiques, un truc style couvent des Oiseaux. « On nous apprenait qu’il y avait des choses qu’il ne fallait pas montrer : la souffrance par exemple, faut pas faire chier les autres avec, la dignité, aussi. Par réaction cela mène à des outrances, à force de ne pas dire les choses vous vous retrouvez avec des angoisses et des dépressions. La dignité n’est pas une qualité, j’aime voir les failles des gens ». Carole se dit donc au sortir de l’institution que devenir comédien demande sûrement un apprentissage. « Je voulais faire ça, mais je ne savais pas comment il fallait faire. Il m’a donc semblé plus facile, en attendant, de continuer mes études. Je suis partie faire de la philo en fac, mais ça ne me satisfaisait pas et l’idée d’être comédienne me trottait toujours dans la tête. Un soir, au cours d’un dîner, un copain me dit : « Mais présente-toi donc au Conservatoire ». Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! Et voilà un ange qui rentre dans l’auguste maison.

Puis, fallait bien commencer un jour. Elle choisit le cinéma, non pas comme on rentre en religion, mais par penchant naturel, en souvenir des cours séchés pour aller sur les grands boulevards se payer une toile « Je me souviens qu’il y avait un ciné sur les boulevards qui ouvrait à midi et même un autre aux Champs qui commençait à dix heures ! Je passais mes journées dans les salles obscures, à tel point qu’au bout d’un mois, l’école s’est inquiétée et a envoyé un mot à mes parents. Ma mère pensait que c’était une histoire rocambolesque, une histoire d’amour ».

athlétisme Oui, avec le cinoche. Le premier à lui avoir dit « Moteur », c’est le grand et défunt Bunuel. Elle se retrouve après des péripéties comme bonne espagnole sous le regard pervers de l’homme au désir obscur. Suit une pièce de théâtre plaquée avant les répétitions car une proposition l’appelle de l’autre côté de l’Atlantique. Elle part avec un jean et des baskets. Elle y reste un an. Le public, ici, l’oublie. Mais là-bas, un soir à l’ambassade de France, lors d’un pince-fesse, elle tape dans l’œil d’un réalisateur français fils de… et légèrement chauve. Bertrand Blier. Il prépare une sorte de polar noir, très noir, avec en vedettes son papa, Gérard Depardieu et Jean Carmet. Le titre « Buffet froid ». Froid comme l’image de Bouquet (Carole) à l’époque. Faut dire que, à cette soirée, la belle avait fait forte. « Dressed to kill » disent les Anglo-Saxons. Jugez vous-même : robe noire moulante et voilette.