Elle fait un malheur en Italie !

Adriano CelentanoQui peut résister ? Après donc deux ans d’absence, revoilà l’énigmatique Carole dans un film français avec un rôle qui de nouveau va à l’encontre des demandes. Pensez, une énigmatique jeune fille glissant dans des eaux glacées en compagnie d’un Depardieu plus allumé que jamais, ne facilite pas la réinsertion. « L’image a carrément fait peur aux metteurs en scène. Pour eux c’était difficile de réemployer le même personnage, donc ils ne m’ont rien demandé ». Au lieu de se morfondre à côté d’un téléphone qui restait désespérément muet, elle fait ses bagages et part en Italie. Sa tête de madone fait fureur, les transalpins aiment beaucoup les belles et de plus aiment se reconnaître. Elle fait un malheur auprès d’Adriano Celentano, le roi du rock-mozzarelle et se retrouve auprès de Coluche en reine byzantine, vierge et rouée dans le très raté « Dagobert » de Dino Risi. A la même époque, « Cubby » le grand Broc-coli, se souvient de cette grande Française qui avait refusé d’être second couteau dans « Moonraker » et lui propose d’être la girl de sa prochaine bonderie. « Rien que pour vos yeux ». Ça tombe bien, les siens sont beaux et se marient fort bien avec la mer Egée. La voilà repartie pour un rôle de vitrine, un truc un peu décevant quand on sait que seul votre plastique sert d’alibi. Mais, on ne crache pas sur une telle entreprise. Quitte à être belle, autant l’être intelligemment… Sinon, on souffre. « Ma beauté, puisque les autres m’en prêtent, je l’ai toujours vécue très mal ». En entendant ça vos copines (et les miennes) souffrent. « A une époque, je n’ai pas voulu l’utiliser, je voulais la détruire. Au lieu d’être positive, elle m’a empêchée de vivre. C’est une chose exceptionnelle qui fait peur. Les gens vous mettent à un niveau d’extra-terrestre (E.T. Carole Bouquet même combat ?). La beauté on me l’a fait payer cher, comme on fait payer à certaines personnes leur intelligence ». Fermé le Bond. C’est Labro, puis enfin Michel Vianey avec « Spécial police » qui lui donnent ses vrais premiers rôles d’actrice.

C’est-à-dire de femme intelligente, dans une histoire construite, avec des dialogues, des faiblesses et des tas de choses qu’on voit dans la vie. Dire qu’enfin elle est contente, pas de doute. Elle aura mis près de dix ans à prouver que la beauté cache souvent des tas de trucs épatants. « Spécial police », c’est un polar, un vrai, dans lequel — signe des temps — le flic Richard Berry a remplacé le 357 Magnum par l’ordinateur. Bouquet y trouve une place, une vraie, en femme mêlée par hasard à un règlement de comptes. Papa Hitchcock n’est pas loin dans cette histoire où se retrouvent en vrac les affaires style tuerie d’Auriol, Boulin et Fontanet plus un soupçon de caisses noires de parti politique. Un melting-pot de « une » de France Soir. Bref, un scénario bien ancré dans notre France d’aujourd’hui. Au sortir de » Rive droite, rive gauche », avec même une nomination aux Césars, le métier a reconnu qu’elle existait ! Heureusement qu’elle est farouche et déterminée. C’est vrai, elle aurait pu laisser tomber devant les obstacles et, nous, on aurait été privés de Bouquet ! Voilà, alors que tout le monde la veut, qu’elle va s’envoler pour représenter la France avec le N° 5 de Chanel dans un spot tourné par le grand Ridley Scott, le papa d’Allen. « Je deviens un produit exportable comme le saucisson lyonnais ! » Oui…
Mais en plus beau !

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