Le temps de mourir

Imaginez, débarquant dans votre jardin, une jeune femme amnésique avec, sous le bras, le film de votre mort. Pas de doute, c’est bien vous la victime. Quant au meurtrier, il vous est totalement inconnu…Le temps de mourir Tel est le postulat de départ de ce premier film d’André Farwagi. Un film fantastique français ! La chose, en elle-même, est un événement!Bruno Cremer, riche homme d’affaires, retranché dans sa villa isolée, protégé par ses hommes de main, ses chiens et même un système de surveillance avec cerveau électronique, ne craint rien. Personne ne peut rapprocher. Pourtant, il va être lui-même l’instrument de son destin. Le film l’obsède et trouble sa tranquillité. Il veut savoir qui est ce total inconnu et le fait venir. Il est donc seul responsable de cette rencontre qui, si l’on en croit le film, va lui être fatale ! Mais son «assassin sur pellicule», Jean Rochefort, n’est que le paisible Pdg d’une affaire de loisirs organisés. Ni agressif, ni violent, il n’a pas la moindre intention de tuer un homme qui ne lui a rien fait et qu’il ne connaît même pas… Farwagi joue habilement avec deux grands thèmes de la littérature et du cinéma fantastiques le destin auquel on n’échappe pas (la mort qui vous donne rendez-vous ce soir à Samarkand…) et le surgissement du futur dans le présent (le fameux paradoxe temporel). Mais il évite le gouffre dans lequel sautent à pieds joints la plupart des cinéastes français : l’ésotérisme intello-fantasmatique. «Le temps de mourir» est d’abord une aventure et un drame humain. Au spectateur, après, de philosopher sur le film, s’il en a envie.

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