Des enfants gâtés

Des enfants gâtésDisons le tout de suite, «Des enfants gâtés» n’est pas le meilleur film de Bertrand Tavernier. Cependant on ne peut nier son importance, non seulement dans l’œuvre du réalisateur, mais dans l’ensemble de la production française. En effet, sa vision laisse comme une persistante impression de malaise difficilement identifiable. L’action se passe à Paris en 1977. Le Paris des H.L.M., des supermarchés. Dans un immeuble, des hommes et des femmes se groupent pour défendre leurs droits contre les abus d’un propriétaire qui s’est octroyé les bonnes grâces de l’administration pour s’engraisser sur le compte des locataires en forçant les loyers et les charges. Bertrand Rougerie (Piccoli), un homme à la quarantaine énergique, marié, père de deux enfants, metteur en scène en crise de créativité, décide de louer un appartement dans cette résidence afin de se couper de tout et de travailler tranquillement au scénario de son prochain film. Tout ne sera pas si simple pour Rougerie. Il va rencontrer Anne (Christine Pascal), une jeune chômeuse, voisine de son deux pièces-cuisine. Ils nouent une relation amoureuse. De cette liaison, Rougerie accouchera d’une ébauche de scénario inspiré par la politique, le social et l’affectif, les trois données de son existence dans le microcosme de cet immeuble. Après avoir ausculté l’Histoire dans «Que la fête commence», Tavernier ausculte ici notre histoire contemporaine. A la manière d’un Altman, il a multiplié les personnages (une quinzaine) et les décors (une cinquantaine) pour les suivre, les lâcher, les retrouver et enfin les imbriquer les uns dans les autres afin de dépeindre la société des années soixante-dix. C’est de l’anthropologie.., mais pas très cinématographique ! On se perd un peu en bavardage, en discours parfois stériles (c’est le propre des discours politiques !). Il reste malgré tout une intéressante réflexion sur la communication ou plutôt la non-communication entre les êtres ainsi qu’une passionnante étude sur la fonction sociale du cinéaste. De plus, Daniel Toscan du Plantier fait une brève apparition en «guest-star» et la chanson du générique est interprétée par un insolite duo : Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort. Ces deux là nous gâtent vraiment beaucoup !

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