Les oiseaux

Lorsqu’Hitchcock annonça son projet d’adapter – oh, très librement – la nouvelle de Daphné du Maunier, juste après le grand frisson de «Psychose», l’imagination du public et des journalistes alla bon train. On voyait déjà dès la première image des volatiles agressant sauvagement les humains. C’était mal connaître le vieux Hitch. Pourtant, à sa sortie, le film fut accueilli froidement. Les attaques d’oiseaux n’étant vraiment répétées que dans la seconde moitié du film, le début fut considéré comme… bavard. Aujourd’hui, les esprits sont calmés et «Les oiseaux» sont considérés comme un classique, une œuvre d’une grande rigueur.Les oiseaux Hitchcock était et est encore ! Un grand conteur. Il sait que l’attente est le moment le plus angoissant et que l’épouvante ne peut être vraiment ressentie que si le spectateur s’est attaché aux personnages de la fiction. Dès la première minute du film, les oiseaux sont présents sur l’écran, mais ils sont en cages dans un magasin d’animaux où un avocat rencontre une riche héritière, blonde et sophistiquée à souhait, comme il se doit dans un film d’Hitchcock. Hitchcock nous intéresse à ces deux personnages, nous entraîne insensiblement vers le lieu du drame, un village de pêcheurs en bord de mer, et fait surgir l’horreur. Progressivement : d’abord une mouette attaquant, puis des corbeaux, puis tout les oiseaux réunis. C’est l’impasse, la fin du monde, la fin du monde des hommes ! Ça devient encore plus effrayant que la découverte de la mère momifiée du tueur fou dans «Psychose» ! Et, comme d’habitude chez Hitchcock, les détails symboliques, les petites phrases lourdes de sens et la psychanalyse vont bon train. On devine le vieux Hitch, souriant de plaisir et animant son théâtre d’ombres… l’air de dire «Je vous ai bien eus». Un must de la vidéocassette.

Le temps de mourir

Imaginez, débarquant dans votre jardin, une jeune femme amnésique avec, sous le bras, le film de votre mort. Pas de doute, c’est bien vous la victime. Quant au meurtrier, il vous est totalement inconnu…Le temps de mourir Tel est le postulat de départ de ce premier film d’André Farwagi. Un film fantastique français ! La chose, en elle-même, est un événement!Bruno Cremer, riche homme d’affaires, retranché dans sa villa isolée, protégé par ses hommes de main, ses chiens et même un système de surveillance avec cerveau électronique, ne craint rien. Personne ne peut rapprocher. Pourtant, il va être lui-même l’instrument de son destin. Le film l’obsède et trouble sa tranquillité. Il veut savoir qui est ce total inconnu et le fait venir. Il est donc seul responsable de cette rencontre qui, si l’on en croit le film, va lui être fatale ! Mais son «assassin sur pellicule», Jean Rochefort, n’est que le paisible Pdg d’une affaire de loisirs organisés. Ni agressif, ni violent, il n’a pas la moindre intention de tuer un homme qui ne lui a rien fait et qu’il ne connaît même pas… Farwagi joue habilement avec deux grands thèmes de la littérature et du cinéma fantastiques le destin auquel on n’échappe pas (la mort qui vous donne rendez-vous ce soir à Samarkand…) et le surgissement du futur dans le présent (le fameux paradoxe temporel). Mais il évite le gouffre dans lequel sautent à pieds joints la plupart des cinéastes français : l’ésotérisme intello-fantasmatique. «Le temps de mourir» est d’abord une aventure et un drame humain. Au spectateur, après, de philosopher sur le film, s’il en a envie.

Vie privée

Vie privéeJill et sa mère vivent au bord du lac de Genève, dans une vaste propriété. Suivant des amis à Paris, elle devient mannequin, puis actrice de cinéma. Star du jour au lendemain, elle voit sa vie bouleversée. Traquée par les journalistes et les «paparazzi», elle n’a plus de vie privée. A l’issue d’une première, elle est assaillie par une foule en délire. Jill fait une dépression nerveuse. Après un séjour en clinique elle rejoint la Suisse et devient la maîtresse de Fabio (Mastroianni), qui vivait auparavant avec sa meilleure amie. Mais les journalistes, alertés par une indiscrétion, découvrent leur idylle et s’acharnent une nouvelle fois sur elle… Jill, c’est BB. La plupart des épisodes du film rappellent des événements de sa propre vie, et le tournage sous la direction de Louis Malle fut un véritable psychodrame. Aujourd’hui si «Vie privée» est toujours digne d’intérêt, c’est bien comme exercice de «cinéma-vérité» par la force des choses, par ce qu’il nous dit et nous montre du mythe de Brigitte Bardot.

La tortue sur le dos

La tortue sur le dosPaul Neveux (J-F. Stévenin) fait partie du club des écrivains non publiés. Six ans plus tôt, il a fait paraître un roman qui a connu un succès d’estime. Velléitaire, il ne parvient pas à écrire le second. L’angoisse de la page blanche, pour lui, tourne à l’obsession ce qui ne l’empêche pas d’être aussi un obsédé sexuel convaincu, au grand dam de sa compagne. Luc Béraud, avec la collaboration de Claude Miller pour le scénario, a réussi une peinture souvent irrésistible, riche de détails quotidiens, d’un certain milieu artistique, en même temps qu’une réflexion très actuelle sur la vie de couple Le récit est alerte, les comédiens intelligemment dirigés : Stévenin et Lafont sont super-drôles, Virginie Thévenet très mignonne. Le meilleur, c’est l’équipe nocturne et délirante de Paul et ses bizarres rencontres des deux Jean-Louis».

Ma chérie

Encore un film sur l’éternel problème du conflit des générations. Forces en présence : Jeanne Rivière, 35 ans, divorcée et sa fille Sarah, 16 ans. Jeanne est une mère moderne, elle cherche et parvient le plus souvent à comprendre sa fille qui fait preuve d’une joyeuse insouciance quant à son avenir, et d’un total manque d’intérêt pour ses études. Un seul problème l’inquiète : pouvoir prendre la pilule ! Chez elle, Jeanne est affairée : la vaisselle, le ménage, la couture… De son côté, Sarah n’est pas très coopérative. Cependant elles sont inséparables, se font draguer, discutent, se disputent, s’opposent, se rapprochent, se découvrent, dans la plus grande complicité. Vient la période des vacances. Jeanne part avec son amant, en Bretagne. Sarah est monitrice dans une colonie de vacances. A leur retour, elles se retrouvent avec joie, mais Sarah a mûri. Elle veut choisir sa vie… L’apprentissage de leurs deux solitudes sera plutôt difficile…Ma chérie Film banal, «Ma chérie» n’en est pas moins une œuvre attachante, remplie d’émotion. Les gestes de ces deux femmes, vivant en couple, sont parfaitement étudiés : gestes ménagers, gestes de tendresse, gestes d’agressivité. Bien sûr les conventions ne sont pas absentes et l’on frôle parfois la sentimentalité à quatre sous dans les moments d’effusion ou de retrouvailles. Peu importe, l’ensemble est admirable de pudeur et de justesse de ton. Un film qui réconcilie avec la maternité (ou la paternité, tout dépend que l’on soit spectateur ou spectatrice). Vaut tout les documentaires indigents réalisés dans le cadre du planning familial !

Des enfants gâtés

Des enfants gâtésDisons le tout de suite, «Des enfants gâtés» n’est pas le meilleur film de Bertrand Tavernier. Cependant on ne peut nier son importance, non seulement dans l’œuvre du réalisateur, mais dans l’ensemble de la production française. En effet, sa vision laisse comme une persistante impression de malaise difficilement identifiable. L’action se passe à Paris en 1977. Le Paris des H.L.M., des supermarchés. Dans un immeuble, des hommes et des femmes se groupent pour défendre leurs droits contre les abus d’un propriétaire qui s’est octroyé les bonnes grâces de l’administration pour s’engraisser sur le compte des locataires en forçant les loyers et les charges. Bertrand Rougerie (Piccoli), un homme à la quarantaine énergique, marié, père de deux enfants, metteur en scène en crise de créativité, décide de louer un appartement dans cette résidence afin de se couper de tout et de travailler tranquillement au scénario de son prochain film. Tout ne sera pas si simple pour Rougerie. Il va rencontrer Anne (Christine Pascal), une jeune chômeuse, voisine de son deux pièces-cuisine. Ils nouent une relation amoureuse. De cette liaison, Rougerie accouchera d’une ébauche de scénario inspiré par la politique, le social et l’affectif, les trois données de son existence dans le microcosme de cet immeuble. Après avoir ausculté l’Histoire dans «Que la fête commence», Tavernier ausculte ici notre histoire contemporaine. A la manière d’un Altman, il a multiplié les personnages (une quinzaine) et les décors (une cinquantaine) pour les suivre, les lâcher, les retrouver et enfin les imbriquer les uns dans les autres afin de dépeindre la société des années soixante-dix. C’est de l’anthropologie.., mais pas très cinématographique ! On se perd un peu en bavardage, en discours parfois stériles (c’est le propre des discours politiques !). Il reste malgré tout une intéressante réflexion sur la communication ou plutôt la non-communication entre les êtres ainsi qu’une passionnante étude sur la fonction sociale du cinéaste. De plus, Daniel Toscan du Plantier fait une brève apparition en «guest-star» et la chanson du générique est interprétée par un insolite duo : Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort. Ces deux là nous gâtent vraiment beaucoup !

La strada

Gelsomina, visage blanc et un rien clownesque, troublante dans sa sensibilité de «simplette». Zampano, «le Grand Zampano le voilà», brute machiste traitant Gelsomina comme un objet… Avec les deux héros de «La strada», Federico Fellini a peut-être inventé le couple cinématographique le plus célèbre ! On a le sentiment que tout le monde a vu «La strada»… un peu comme tout le monde a lu «Le père Goriot».La strada C’est l’apanage des classiques : on a tellement entendu parler qu’on a l’impression de les connaître par cœur. Pourtant « La strada » n’est pas un film souvent programmé. Dommage car, malgré les années et grâce à la patine du noir et blanc, le film garde un impact émotionnel assez extraordinaire. Au long des routes et des cirques ambulants pouilleux, Zampano et sa partenaire Gelsomina apprennent à vivre ensemble. Il brise les chaînes avec son poitrail. Elle frappe sur un tambour pour attirer le badaud public. Il l’a acheté contre un plat de macaronis à des patents miséreux, et la traite en débile. Il la frappe et la bouscule. Elle, douce Gelsomina, elle le regarde avec buté la tendresse du monde… jusqu’au jour où elle lève le nez et découvre, perché sur son fil de funambule, il Matto (le Fou) : un poète ailé qui, avec son violon, lui parle, se moque d’elle, mais la regarde. GiuliettaMasina, Madame Fellini à la ville, apporte à Gelsomina une stupéfiante vérité. Elle est éblouissante. Ses autres rôles à l’écran montrent que la Masina a donné énormément d’elle-même à la Gelsomina. Au-delà du portrait de femme et par son dénouement, «La strada» est aussi un grand film féministe.

Rêve de singe

Ferreri a la réputation d’être un cinéaste à scandale. Parfois il irrite les spectateurs (comme avec « La grande bouffe ») parfois il déroute. C’est le cas de «Rêve de singe». D’un esthétisme raffiné, faisant appel à de nombreux symboles, ce film entièrement tourné à New York est avant tout un conte philosophique. Avec l’humour qu’on lui connaît, Ferreri a donné à son principal personnage le nom de Lafayette (Depardieu). Il est maquettiste dans une sorte de musée Grévin où tous les personnages de cire évoquent la décadence de la Rome Antique. Un matin, après avoir échappé à une bande d’individus masqués répandant une sorte de gaz sur toute la ville, il se réfugie dans un théâtre où il se fait violer par une actrice, Angelica.Rêve de singe Et ce n’est pas tout ! Au cours d’une promenade sur la rive du fleuve Hudson, près des tours du World Trade Conter, Luigi (Mastroianni), un clochard radoteur qui passe ses journées à suivre Lafayette, découvre le cadavre d’un singe géant… comme si King Kong était réellement tombé d’un gratte-ciel. Dans les bras de l’imposante carcasse est blotti un minuscule chimpanzé. Luigi le recueille et le confie à Lafayette qui l’élève et se prend d’amour pour la bestiole baptisée Cornélius. Et ce n’est pas fini ! Luigi se pend, Cornélius est tué et dévoré par des rats, Angelica est enceinte et Flaxman, le directeur du musée de cire, déclenche l’Apocalypse en mettant le feu à ses personnages… A moins de posséder un mode d’emploi, ce film risque bien d’ennuyer bon nombre d’entre vous. Toutefois, le climat onirique créé par Ferreri né devrait pas laisser insensible les amateurs de belles images et de mise en scène léchée. (La vision du grand singe gisant sur une plage déserte avec en toile de fond les buildings de Manhattan est une pure splendeur !). Quant à la signification de cette fable, chacun peut y aller de son interprétation. Pour sa part, Ferreri avoue avoir disserté sur la décomposition de la société contemporaine. Détail intéressant : Depardieu ne s’exprime qu’a l’aide d’un sifflet. Rien ne vous empêche donc de visionner « Rêve de singe » tout en écoutant la retransmission d’un match de foot. Vous atteindrez alors les sommets du surréalisme !

La fille de Trieste

La fille de TriesteOrnella Mufti est incontestablement la plus sensuelle des nouvelles stars du cinéma italien. Elle est belle. Par son regard et sa manière de sourire, elle exprime à l’écran un détonnant mélange de perversité et d’innocence. Dans «La fille de Trieste», elle est fidèle à son personnage. Retrouvant son partenaire de « Conte de la folie ordinaire » réalisé par Marco Ferreri en 1982, « la » Muti joue à nouveau un rôle de jeune femme fragile guettée par une folie qui sommeille en elle. Mais le film de Festa Campanile n’a rien à voir avec celui de Ferreri. Dino, le personnage interprété par Ben Gazzara, n’a pas de la violence dérangeante du Bukowsky de «Conte de la folie ordinaire». C’est un simple créateur de bandes dessinées succombant aux charmes d’une jeune fille sauvée sous ses yeux de la noyade. Peu à peu, Dino découvre que celle qu’il aime est dévorée par une sourde folie. Elle est soignée dans un institut psychiatrique de type ouvert. Elle bénéficie d’une relative liberté et vit, pendant les moments de répit que lui laisse son mal, un grand amour avec Dino. Mais l’équilibre est fragile et la folie surgit, d’abord sous la forme de brusque sautes d’humeur… «La fille de Trieste» est un scénario original de Pasquale Festa Campanile, d’après son propre roman. Cinéaste italien très prolifique, Festa Campanile est aussi romancier, auteur de théâtre et scénariste. Homme érudit et cultivé, presque tous ses films ont été, paradoxalement, des comédies légères. « La fille de Trieste » est une de ses œuvres les plus ambitieuses. Ornella Muti en avait parfaitement conscience puisque pour l’apothéose de folie finale, elle a accepté d’apparaître complètement tondue. La cassette sort en même temps que le film en salles.

La tragédie d’un homme ridicule

La tragédie d'un homme ridiculeC’est peut-être à travers le cinéma italien de ces dernières années que nous comprenons le mieux la dégradation de notre propre société. Bien qu’il ne soit pas l’un des films essentiels d’œuvre de Bertolucci, ce dernier est un constat du désordre politique et moral qui règne actuellement en Europe. Primo Spaggiari , (Tognazzi) dirige une grande exploitation agricole ainsi qu’une usine de charcuterie et une fromagerie. Dans la région de Parme est considéré comme un important personnage. Il règne en maître sur toute la ville comme les Ewing le font à Dallas… Un beau matin, Primo prenant l’air du haut de la terrasse de sa propriété, assiste à l’enlèvement de son fils Giovanni. Ses ravisseurs demandent une rançon très élevée. La fiancée de Giovanni, Laura, sert d’agent de liaison entre les kidnappeurs et la famille. Connue pour son appartenance à un groupe terroriste, on se demande si Laura n’a pas elle même suggéré à Giovanni son enlèvement pour escroquer de l’argent à son père. Cette interrogation est la base même du film de Bertolucci. Petit à petit, les rapports humains cèdent la place aux rapports d’argent. Entretenant merveilleusement le mystère de la mort du jeune homme, Bertolucci nous invite à une réflexion sur la famille, les sentiments paternels, les intérêts économiques, l’incompréhension entre les générations. Sur toiles de fond de terrorisme et d’inquiétude politique, il dresse un portrait implacable de la jeunesse actuelle vue à travers le regard d’un riche bourgeois ridicule, un homme dépassé par les événements de son époque. «Les jeunes d’aujourd’hui, dit Bertolucci, son nés en eau trouble ; c’est leur milieu naturel. Nous, nous n’avons pas encore appris à nager !». A regarder en famille pour essayer de se comprendre mutuellement !

Catherine et cie

Catherine et cieJolie Anglaise grugée par un séducteur français, Catherine (Jane Birkin) se retrouve seule Paris, sans moyen de subsistance. S’inspirant des conseils d’un agent de change (Jean-Claude Brialy), elle décide de fonder une société anonyme an monnayant ses charmes : elle loue un splendide appartement et recrute autant d’« actionnaires » qu’il y a des journées dans la semaine (Patrick Dewaere, Jean-Pierre Aumont, Vittorio Caprioli, Mehdi, Brialy et Henri Garcin se succèdent ainsi dans son lit). Catherine se lance alors dans des opérations boursières. Ella fait fortune et peut rembourser ses partenaires… mais l’un d’entre eux, François (P. Dewaere) veut la garder pour lui tout seul… Cette gentille comédie, mise en scène par Michel Boisrond (qui avait filmé Brigitte Bardot au temps de sa splendeur), est cependant assez leste pour avoir scandalise les téléspectateurs Ions d’une diffusion à Antenne 2, car il faut dire que Jane Birkin n’y est pas avare de polissonneries – mais une fois de plus son innocence malicieuse fait merveille, et il faut être bien grincheux pour s’en plaindre.

La partie

Le roi de la maladresse, le prince de la distraction, l’empereur de la gaffe, tels pourraient être les titres de Hrundi Bakshi, obscur acteur indien qui, à peine débarqué a Hollywood, se fait chasser dans les tournages parce qu’il y sème les catastrophes… Or, par une fatalité extraordinaire, il se fait que le brave Hrundi est invité par erreur à une « party » que donne, ce soir-là, un magnat des studios. Il revêt son plus beau costume et, présentant fièrement son carton d’invitation, fait son entrée dans la magnifique villa du producteur qui, on le devine, ne tardera pas à être transformée en champ de bataille, par la faute de l’innocent Hrundi. Avec cette « Partie », Blake Edwards a signe assurément son meilleur film, une comédie débridée qui assume l’héritage du burlesque (pendant toute la première partie, il n’y a pratiquement pas un mot de dialogue) en multipliant les gags tous aussi désopilants les uns que les autres. C’est aussi, dans le rôle du souriant Hrundi Bakshi, un des rôles les plus percutants du grand Peter Sellers, qui met son génie comique au service d’une mécanique à toute épreuve, atteignant ici les sommets de l’hilarité cinématographique.