La strada

Gelsomina, visage blanc et un rien clownesque, troublante dans sa sensibilité de «simplette». Zampano, «le Grand Zampano le voilà», brute machiste traitant Gelsomina comme un objet… Avec les deux héros de «La strada», Federico Fellini a peut-être inventé le couple cinématographique le plus célèbre ! On a le sentiment que tout le monde a vu «La strada»… un peu comme tout le monde a lu «Le père Goriot».La strada C’est l’apanage des classiques : on a tellement entendu parler qu’on a l’impression de les connaître par cœur. Pourtant « La strada » n’est pas un film souvent programmé. Dommage car, malgré les années et grâce à la patine du noir et blanc, le film garde un impact émotionnel assez extraordinaire. Au long des routes et des cirques ambulants pouilleux, Zampano et sa partenaire Gelsomina apprennent à vivre ensemble. Il brise les chaînes avec son poitrail. Elle frappe sur un tambour pour attirer le badaud public. Il l’a acheté contre un plat de macaronis à des patents miséreux, et la traite en débile. Il la frappe et la bouscule. Elle, douce Gelsomina, elle le regarde avec buté la tendresse du monde… jusqu’au jour où elle lève le nez et découvre, perché sur son fil de funambule, il Matto (le Fou) : un poète ailé qui, avec son violon, lui parle, se moque d’elle, mais la regarde. GiuliettaMasina, Madame Fellini à la ville, apporte à Gelsomina une stupéfiante vérité. Elle est éblouissante. Ses autres rôles à l’écran montrent que la Masina a donné énormément d’elle-même à la Gelsomina. Au-delà du portrait de femme et par son dénouement, «La strada» est aussi un grand film féministe.

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